La menace terroriste demeure persistante au Mali. Dans la région de Kayes, plusieurs unités industrielles ont été la cible d’attaques coordonnées dans la nuit du samedi au dimanche 11 janvier 2026..
La région de Kayes, déjà placée sous couvre-feu depuis juillet 2025 en raison de la dégradation continue de la situation sécuritaire, a été frappée par une série d’attaques d’une rare ampleur. Dans le cercle de Bafoulabé, trois unités industrielles ont été incendiées par des hommes armés, arrivés en grand nombre et circulant à motos.
Selon des sources locales, près de 200 individus armés ont pris pour cibles des usines spécialisées dans la production de ciment, de chaux et d’enduits. À l’aide de combustibles, les assaillants ont méthodiquement incendié les bâtiments ainsi que les engins de production, provoquant d’importants dégâts matériels et paralysant totalement les activités sur ces sites.
Incendies, enlèvements et climat de peur
Outre les destructions, l’attaque a également été marquée par des enlèvements. Trois personnes auraient été emmenées de force par les assaillants lors de leur incursion. Une autorité politique s’est rendue sur place dans les heures qui ont suivi pour constater l’ampleur des dégâts. Elle a décrit une situation « alarmante », évoquant des sites industriels réduits à l’état de décombres.
Ces événements ravivent le souvenir des attaques survenues en juillet 2025 dans la même région, où des unités industrielles avaient déjà été visées selon un mode opératoire similaire. À ce jour, certains étrangers enlevés lors de ces précédentes attaques n’ont toujours pas recouvré la liberté.
Une stratégie de ciblage économique assumée
Ces derniers mois, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a multiplié les actions contre les infrastructures économiques et logistiques du pays. Les attaques contre des convois de camions-citernes, des engins de chantier, des axes routiers stratégiques et des installations industrielles se sont intensifiées, notamment dans l’ouest et le centre du Mali.
Cette stratégie vise clairement à affaiblir l’économie, perturber les chaînes d’approvisionnement — en particulier en carburant — et exercer une pression accrue sur les flux commerciaux reliant le Mali à ses voisins, dont le Sénégal.
Aucune revendication officielle, mais de fortes présomptions
Aucune revendication officielle n’avait été rendue publique dans l’immédiat concernant l’attaque de Bafoulabé. Toutefois, des sources sécuritaires estiment que le mode opératoire, le choix des cibles et la récurrence des attaques contre les mêmes installations correspondent aux actions récemment menées par le JNIM. Une logique de ciblage durable des intérêts économiques semble se dessiner, avec pour objectif de fragiliser davantage des régions déjà éprouvées par l’insécurité.
Ces nouvelles attaques soulignent une fois encore l’ampleur des défis sécuritaires auxquels fait face le Mali, et la nécessité d’une réponse renforcée pour protéger les populations et les infrastructures vitales du pays.
Tristan Eugène SAHI















